Programme de voluntari llengua catala

Contenu du sac du programme de "llengua catala" en Andorre

Il y a un an, je me suis inscrite au Voluntariat per la llengua. Je vivais déjà en Andorre depuis un moment, je commençais à apprendre le catalan, mais je ne le pratiquais pas. Je ne connaissais personne qui avait fait l’expérience donc je me suis un peu lancée à l’aveugle sans vraiment savoir ce qui m’attendait.

On m’a attribué Bertha, une étudiante de 22 ans. Trente ans d’écart et deux vies qui n’avaient aucune raison de se croiser. C’est devenu l’une des plus belles rencontres de mon installation ici.

Comment fonctionne le Voluntariat per la llengua

Le principe est simple et c’est ce qui fait sa force. Le Servei de Política Lingüística du Govern met en relation une personne qui parle catalan couramment avec une personne qui l’apprend. Ils appellent ça une parella lingüística.

Vous vous retrouvez au minimum une heure par semaine, pendant au moins dix semaines. Vous parlez catalan, c’est tout. Vous marchez, vous prenez un café, vous allez faire des courses. Ce n’est pas un cours et ce n’est pas censé en devenir un, c’est même écrit noir sur blanc dans les documents du programme. L’objectif est que l’apprenant arrive à tenir une conversation détendue, pas qu’il révise de la grammaire.

Au bout des dix semaines, vous arrêtez, vous continuez avec la même personne, ou on vous en propose une autre. Le programme est présenté en détail sur le site du Govern, avec le formulaire d’inscription.

Ce qui m’a frappée, c’est l’échelle. Une saison récente comptait plus de cent vingt parelles actives, dont certaines qui continuent d’une année sur l’autre. Pour un pays de la taille de l’Andorre, ça veut dire que beaucoup de monde autour de vous est passé par là.

Bertha

Le programme dit voluntari et aprenent, comme s’il y avait celle qui donne et celle qui reçoit. Dans les faits, ça n’a pas marché comme ça du tout.

Bertha m’a préparée à mes examens de catalan. Elle a pris ça très au sérieux, plus au sérieux que moi par moments. De mon côté, je lui ai fait un cours de pâtisserie dans ma cuisine.

On a aussi fait le marché de Noël ensemble. Parler catalan devant un café et une pâtisserie, ça vaut bien dix heures de manuel.

Les musées d’Andorre, notre terrain de jeu

C’est l’effet secondaire auquel je ne m’attendais pas. Il faut bien aller quelque part chaque semaine, alors on a écumé les musées du pays. Le programme offre un carnet avec des tickets pour visiter les lieux symboliques d’Andorre (vous pouvez y aller avec la personne de votre choix).

Les maisons d’abord, celles qui racontent l’habitat rural andorran. Casa Rull à Sispony, avec sa cuisine et son grenier où l’on faisait sécher les fruits et le tabac. Casa Cristo à Encamp, beaucoup plus modeste, la maison d’une famille de journaliers. Casa d’Areny-Plandolit à Ordino, à l’autre bout de l’échelle sociale. Vues à la suite, ces trois maisons vous donnent une compréhension de l’Andorre d’avant que je n’aurais eue nulle part ailleurs.

Puis les musées inattendus, et l’Andorre en est pleine. Le musée de la bicyclette, celui de la radio, le quartier Des Bons à Encamp, une exposition sur la vie quotidienne dans l’Égypte ancienne.

Ce que ça change vraiment

Je ne vais pas vous dire que je parle catalan couramment. Je me débrouille, je tiens une conversation, je fais encore des fautes que Bertha me signale. Mais j’ai énormément progressé et grâce à ce programme, j’ai fait de fabuleuses rencontres et appris à connaître ce pays dans lequel je me sens si bien.

Si vous voulez vous lancer

L’inscription se fait sur govern.ad ou par téléphone au 806 670, auprès du Servei de Política Lingüística. C’est gratuit. Vous pouvez vous inscrire comme apprenant ou comme volontaire.

Un conseil : ne vous inscrivez pas en pensant que ça remplacera des cours. Ça ne les remplace pas, ça les rend utiles. Prenez des cours si vous partez de zéro, et servez-vous du Voluntariat pour transformer ce que vous savez en quelque chose que vous osez utiliser.

Et acceptez le déséquilibre du début. Pendant plusieurs semaines, vous allez avoir l’impression de faire perdre son temps à l’autre. Puis un jour vous vous rendez compte que vous avez parlé une heure sans y penser.

Et vous ?

Vous vous êtes installés dans un pays dont vous ne parliez pas la langue ? Comment vous vous y êtes pris ? Racontez-moi en commentaire, ça m’intéresse vraiment de comparer.

Et si vous êtes en Andorre et que vous hésitez à vous inscrire, écrivez-moi sur Instagram, @sommerfoodle. Je vous dirai franchement ce que ça demande comme temps.

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